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Compliance

RGAA 2026 : définition, obligations et audit d’accessibilité en France

RGAA 2026 : définition, obligations, audit et conformité expliqués simplement

Erynn Epaulard

Erynn Epaulard

Author

Statue de la justice aux yeux bandés tenant une balance, symbole du droit et de l’équité.

Introduction

On entend certaines organisations dire que leur site est “conforme RGAA”. Et pourtant, dès qu’on creuse un peu, c’est souvent flou : un pourcentage affiché quelque part, un audit qui date, une case cochée dans une checklist… Sauf que, dans la réalité, la conformité RGAA ne se résume ni à un chiffre ni à une formalité administrative.

D’ailleurs, avant même de parler de “cadre français”, l’accessibilité numérique s’appuie sur une base internationale et européenne. Les règles techniques découlent des WCAG, qui servent de standard mondial. Ensuite, l’Europe est venue renforcer le sujet avec l’European Accessibility Act (EAA), applicable à partir de 2025. Et sur cette base commune, chaque pays met en place son propre cadre national : règles, contrôle, sanctions.

En France, ce rôle est assumé par l’État et certaines autorités sectorielles (par exemple l’ARCOM pour l’audiovisuel), via ce fameux référentiel dédié : le RGAA.

Donc comprendre le RGAA, ce n’est pas seulement “se mettre en règle”. C’est aussi se poser de vraies questions : Est-ce que mon service est réellement utilisable par tout le monde ? Est-ce que l’info est compréhensible ? Est-ce que l’interface tient la route avec un clavier ou un lecteur d’écran ? Et surtout, il faut garder en tête un point clé : l’accessibilité n’est pas un état figé. C’est une démarche, qui se construit dans le temps, au service de l’inclusion et d’une meilleure expérience pour tous.

Qu’est-ce que la norme RGAA ?

Le RGAA (Référentiel Général d’Amélioration de l’Accessibilité) est le cadre français qui explique comment rendre un service numérique accessible, notamment pour les personnes en situation de handicap. Il vient de la loi du 11 février 2005 et vise un objectif assez simple à formuler : faire en sorte que les services de communication au public en ligne puissent être utilisés par tous, sans obstacles liés à l’interface.

Et il faut être clair : le RGAA n’est pas une “liste de conseils sympas pour son site internet”. C’est un référentiel normatif et opérationnel, fait pour être utilisé sur le terrain. Il donne une méthode concrète pour évaluer l’accessibilité d’un site web, d’un intranet, d’un extranet ou d’une application mobile, à partir de critères techniques et de tests vérifiables.

L’accessibilité numérique, telle que cadrée par le RGAA, s’appuie sur quatre grands principes : perceptible, utilisable, compréhensible et robuste. Dit autrement : l’information ne doit pas dépendre d’un seul sens, les interfaces doivent rester navigables au clavier, et les contenus doivent fonctionner correctement avec les technologies d’assistance.

Le référentiel reprend des standards solides (notamment les WCAG 2.1 et la norme européenne EN 301 549) en les adaptant au cadre juridique français. Son intérêt, c’est justement ça : transformer des principes parfois abstraits en exigences concrètes, mesurables, testables.

Enfin, le RGAA fonctionne avec une logique de preuve. On ne “déclare” pas la conformité comme on signerait une attestation au hasard : on la démontre, via un audit structuré et une déclaration d’accessibilité publiée. L’idée, au fond, est de faire de l’accessibilité une démarche continue et transparente, plutôt qu’un sprint ponctuel.

Quelle est la version actuelle du RGAA ?

Aujourd’hui, la version en vigueur est le RGAA 4.1.2. C’est une évolution de la version 4.1, avec des corrections et des ajustements sur certains critères et cas particuliers.

Ces changements ne rendent pas caducs les audits déjà réalisés : ils servent surtout à améliorer la cohérence du référentiel et à clarifier certains points qui posaient problème en situation réelle.

Le RGAA 4.1.2 reste aligné sur les WCAG 2.1, aux niveaux A et AA, et c’est la référence officielle utilisée pour apprécier la conformité légale des services numériques en France. Il regroupe une liste structurée de critères, accompagnés de tests techniques, afin d’évaluer des services numériques très différents de manière homogène.

Et comme tout référentiel technique, il est amené à évoluer avec les usages, tout en gardant une méthode stable pour pouvoir comparer les audits dans le temps.

Qui est concerné par le RGAA ?

Le RGAA s’applique aux services de communication au public en ligne : en gros, tout ce qui met à disposition du public des contenus ou des fonctionnalités numériques (hors correspondance privée).

Sont notamment concernés :

  • Les personnes morales de droit public (État, collectivités, établissements publics).
  • Les personnes morales de droit privé chargées d’une mission de service public, ou créées pour répondre à des besoins d’intérêt général.
  • Certaines entreprises privées, au-delà d’un seuil de chiffre d’affaires, quand leurs services numériques entrent dans le champ défini par la loi.

En pratique, ce seuil est fixé à 250 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel. Et côté supports, on parle notamment : de sites internet (vitrine, e-commerce, institutionnel), d’intranets et d’extranets, d’applications mobiles et de certains progiciels accessibles via navigateur.

Des exemptions… mais très encadrées

Oui, il existe des cas d’exemption ou de dérogation : contenus anciens, contenus tiers non maîtrisés, ou encore charge disproportionnée. Mais attention : dans ce dernier cas, il faut que ce soit justifié, documenté, et accompagné d’alternatives accessibles.

Et surtout, ces dérogations ne suppriment pas toutes les obligations : une déclaration d’accessibilité reste nécessaire, et la transparence vis-à-vis des utilisateurs reste un principe central.

Quelles sont les obligations du RGAA en 2026 ?

En 2026, on sent clairement que le RGAA change de trajectoire. On n’est plus sur un objectif qu’on repousse à plus tard : l’accessibilité devient une exigence durable, renforcée par l’entrée en application de l’European Accessibility Act (EAA), qui étend les obligations à de nombreux produits et services du secteur privé, en plus du cadre déjà existant en France.

Premier point : la conformité doit être prise dès le départ. Un site, une application mobile ou un nouveau service numérique est censé être accessible dès sa mise en ligne. L’idée “on publie, puis on corrigera après” n’est plus vraiment défendable. Et pour les services existants, l’enjeu est de tenir dans le temps, grâce à des audits réguliers basés sur les 106 critères du RGAA 4.1, pour éviter les régressions.

Autre obligation majeure : la déclaration d’accessibilité. Elle doit coller à la réalité, pas à une version idéalisée : niveau de conformité réel, contenus non accessibles, dérogations éventuelles, et moyen de contact pour les utilisateurs. Elle doit être mise à jour régulièrement, avec une réévaluation complète au moins tous les trois ans, et elle doit être accompagnée de plans d’actions annuels.

Le RGAA impose aussi une vision plus structurée via le schéma pluriannuel d’accessibilité, établi sur trois ans. C’est un document de pilotage : formation, sensibilisation, audits, priorisation des corrections, intégration de l’accessibilité dès la conception… bref, tout ce qui permet d’arrêter de traiter l’accessibilité “en urgence”.

Autre point qu’on sous-estime souvent : l’accessibilité devient un critère de plus en plus attendu dans les marchés publics… et aussi dans de nombreux contextes privés. Dans les appels d’offres, on demande de plus en plus des garanties de conformité, y compris côté prestataires et sous-traitants.

Certains secteurs sont particulièrement concernés avec l’EAA, par exemple :

  • les médias audiovisuels (VOD, streaming),
  • le transport de voyageurs,
  • les services bancaires et financiers,
  • le commerce électronique B2C.

Enfin, le contrôle se renforce. Les autorités disposent de leviers plus concrets : mises en demeure plus fréquentes et sanctions financières pouvant aller jusqu’à 50 000 € par service, renouvelables en cas de manquement persistant, avec en plus des sanctions possibles liées aux obligations de publication.

En clair : en 2026, le RGAA pousse vers une accessibilité pilotée dans la durée, intégrée à la gouvernance des projets, et plus du tout traitée comme une simple formalité.

Quel est le prix d’un audit RGAA ?

Le coût d’un audit RGAA dépend surtout de quelques facteurs très concrets :

  • le nombre de pages évaluées,
  • la méthode choisie (audit complet ou échantillonnage),
  • la profondeur des tests (manuel, navigation clavier, lecteurs d’écran, etc.),
  • le livrable attendu (rapport, plan d’actions, déclaration prête à publier…).

Fourchettes de prix généralement constatées en France

  • Audit de base / petite prestation : à partir d’environ 1 200 € à 2 000 € HT pour un audit simple sur un petit site ou un périmètre restreint.
  • Audit RGAA standard : généralement entre 2 000 € et 5 000 € HT pour la plupart des sites web institutionnels ou vitrines.
  • Audit plus complet / site complexe : souvent entre 5 000 € et 10 000 € HT, notamment pour les sites e-commerce, intranets ou applications avec de nombreuses pages et fonctionnalités interactives.

Typique des grands comptes, plateformes transactionnelles, ou services publics.

Ces montants restent des ordres de grandeur : ils varient selon la complexité, le nombre de gabarits, la présence d’applications mobiles, et le niveau d’accompagnement demandé.

Et dans les faits, un audit RGAA est souvent indispensable pour publier une déclaration d’accessibilité réellement conforme.

Conclusion : le RGAA, plus qu’une règle, un signal de maturité

On a tendance à voir le RGAA comme une contrainte de plus, un document à produire pour être tranquille. Mais en pratique, c’est beaucoup plus intéressant que ça : le RGAA agit comme un vrai outil de pilotage, basé sur des critères concrets, mesurables, compris par les professionnels du secteur.

En 2026, la vraie question n’est plus “est-ce qu’on doit s’y mettre ?” mais plutôt : comment intégrer l’accessibilité dans la manière dont on conçoit, développe et fait évoluer un service numérique ? Les organisations qui le traitent comme un processus continu (et pas comme un examen ponctuel) y gagnent sur plusieurs plans : réduction du risque juridique, certes, mais aussi amélioration de l’expérience utilisateur et de l’image de marque.

Au fond, l’accessibilité devient un pilier de la qualité web, au même titre que la cybersécurité ou la performance. Et, quelque part, ça ressemble à un nouveau baromètre de maturité numérique.

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